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MG Road : Bombay à Paris

10 Avr

L’ambiance : Pousser les portes du MG Road rue Saint-Martin, c’est prendre un vol express pour Bombay, version À bord du Darjeeling Limited ! Devanture toute vitrée, lustres colorés, miroirs, tables étroites en bois et marbre, murs pastels et béton brut… Stéphanie de Saint Simon a pensé son MG Road comme un Irani Café (mythiques cafés à Bombay tenus par des Perses) et le pari est très réussi ! On est dépaysé, agréablement surpris par ce décor pas comme les autres et prêt à goûter la cuisine épicée du chef anglais que Madame est allée débaucher in England !

On y va pour ? Goûter la cuisine indo-british réinventée et modernisée par le chef Manoj Sharma. La carte est courte (4 plats au choix renouvelés tous les 3 mois) ce qui garantit la fraîcheur et la qualité des produits ! Ce soir-là, on choisit de partager des Dahi Sev Batata Puri en entrée. Explication : ce sont des coquilles soufflées, pommes de terre sautées aux épices et tout calmé par un peu de yaourt et de chutney tamarin ! Une entrée qui donne le ton : un feu de dieux pour les papilles ! Et la suite alors ? On continue avec le plat signature du chef, le Paneer chutney wala : un piment pané trône au dessus de l’excellent tandoori paneer (fromage indien), le chutney apporte une pointe (bienvenue) de sucrée, le makhani khichdi (riz amélioré typique d’Inde) contribue à éteindre le feu et la sauce cajoux apporte l’onctuosité ! C’est un plat haut en couleurs et en saveurs qui vaut le détour ! La sensation gustative est proche des films de Wes Anderson : loufoque, colorée, un poil incompréhensible mais au final tellement bonne qu’on en redemande !

Dahi Sev Batata Puri  du MG Road

Dahi Sev Batata Puri du MG Road

Paneer chutney wala du MG Road

Paneer chutney wala du MG Road

Le bonus : Bombay-Paris pour 30€ par personne, t’as déjà trouvé un billet d’avion moins cher, toi ?

Le point noir : Les plats sont copieux, pas eu la place pour goûter les desserts qui sont a priori délicieux, j’y reviendrais !

Avec qui ? Ta belle-soeur globetrotteuse !

Les prix : 7,5€ pour une entée, 17€ pour un plat.

Où ? MG Road, 205, rue Saint-Martin, Paris 3e.

Alain Passard alias Grand gourou du potager !

21 Déc

L’ambiance : Qu’est-ce qu’on est bien chez Alain Passard ! Loin, très loin, des traditionnelles tables guindées des 3 étoiles au Guide Michelin. Côté déco, pas grand chose à signaler… la petite salle de son restaurant l’Arpège est accueillante, chaleureuse et intimiste sans tomber dans les affres du chichiteux, du pompeux ou du vaniteux dans lesquels servent assez souvent les tables de la Haute Gastronomie française… Chez Passard règne la bonne humeur, la joie de vivre du gourou du potager ! D’ailleurs, lorsqu’il arrive pour saluer ses convives, il a le sourire jusqu’aux oreilles élégant comme une carotte sur son 31, il porte un pantalon à rayures rouges et blanches et ses éternelles zizi. C’est un décoincé de la gastronomie comme on aimerait en voir plus souvent ! Son sourire communicatif ne le quittera pas du début à la fin du repas alors qu’il virevolte entre cuisine et salle, s’assoit avec certaines tables pour boire un verre… Bienvenu chez lui, dans SA maison.

On y va pour ? Goûter la cuisine légumière de ce toqué du potager ! Dans son restaurant, tous les légumes (et les fruits) proviennent de son jardin cultivé en biodynamie dans la Sarthe, arrivés chaque matin « à la capital », ils sont traités avec amour, douceur et tendresse… pour que cela se sente dans l’assiette ! En entrée, les fines ravioles multicolores et leur consommé ambré, c’est magique, les mots manquent pour décrire les sensations que procurent ce plat : chaque farce de légumes et d’herbes est délicate et subtile et rien que le simple bouillon est goûteux et gourmand. Une entrée dont je me souviendrais longtemps ! Tout aussi étonnant, l’entrée de ma voisine, un tartare de betterave qui ressemble à s’y méprendre autant visuellement que gustativement à un tartare de bœuf, bluffant ! Le temps d’une entrée, on avait failli oublier que le Passard connaissait les cuissons des viandes et des poissons sur le bout des doigts, vérification faite avec le homard religieusement coupé en aiguillettes dont la chair est parfaitement cuite. Il s’acoquine avec une sauce au Savagnin vachement bonne et des pommes de terre fumées « fumantes » ! Ici encore, un plat simple, réalisé parfaitement, chaque saveur est intacte et à sa place et chaque bouchée est un ravissement pour les papilles. A noter, le fabuleux couscous merguez 100% végétarien, un must (note à moi-même : à commander pour la prochaine fois !) ! Et pour conclure, le chef nous achève… une sucrerie affolante, une sucrerie hallucinante : un Paris-Brest au noix. La crème est d’une légèreté folle, pauvre en sucre, elle magnifie le goût de la noix. Un mot : une tuerie.

La conclusion ? L’Arpège d’Alain Passard est l’un des meilleurs restaurants dans lequel j’ai mangé. Sa cuisine est élégante, raffinée tout en restant simple, droite et efficace. Ici, un navet est un navet, une carotte, une carotte, un poireau, un poireau… personne ne fait semblant d’être un autre, mais tous sont parfaitement préparés, assaisonnés, cuisinés pour donner le meilleur d’eux-mêmes… Les saveurs, les couleurs, les sensations sont gardées intactes et retransmises dans l’assiette, Passard est un poète, ses mots sont ses matières premières. Bravo !

 

   Fines ravioles potagères multicolores consommé ambré


Fines ravioles potagères multicolores
consommé ambré

Aiguillettes de homard au savagnin   belles du Bois-Giroult fumées

Aiguillettes de homard au savagnin
belles du Bois-Giroult fumées

Paris Brest aux Noix d'Alain Passard

Paris Brest aux Noix d’Alain Passard

Le bonus : Une sélection de vins qui sort des sentiers battus. Pendant ce repas, un vin blanc d’Emmanuel Giboulot (oui, celui qui a défrayé la chronique), top niveau !

Last but not least, le Chef him self qui vous raccompagne à la sortie…

Le point noir : Le prix du homard peut-être… ! (et les cartes sans prix pour les femmes !)

Le prix : Carte entre 250-350€ – Menu : 350€

Où ? Restaurant L’Arpège, 84, rue de Varenne, Paris 7e.

Alain Passard et nous !

Alain Passard et nous !

Le châteaubriant, enfin…

8 Oct

L’ambiance : Trois longues années que j’attends de tester ce temple des foodies, ce sanctuaire des fines gueules… et alors qu’on se présente au second service vendredi soir dernier, j’ai un frison : ça y est, on y est, je vais goûter la cuisine du Père spirituel de toute une génération de chefs jeunes, cools, branchés (à la limite de la dénomation hispter) qui a élu le produit roi de la cuisine et qui a dépoussiéré la (vieille) tradition du restaurant français. La nouvelle gastronomie « naturiste » c’est eux ! Et une question : que va-t-il se passer après ?! (une partie de la réponse réside dans cette liste : Septime et Bertrand Grébaut, Abri et Katsuaki Okiyama, Saturne et Sven Chartier…)

Mais ne soyons pas trop pressé, s’asseoir à une des tables de bistrot du Châteaubriant, ça se mérite : soit tu as réservé 15 jours pilepoil avant, soit comme moi, tu as un amoureux qui n’est pas organisé et qui t’y emmène au deuxième service. Alors, à 21h30 on écrit ton nom sur un papier et on te dit qu’il y en a pour 1 heure. Disciplinée, tu vas boire un verre à Le cave juste à côté, la cave de vins naturels d’Aizpitarte, tu en reprends même 2 autres verres puisqu’on finit par t’installer à 23h15 ! Mais qu’importe… tu as un trou dans l’estomac et un de tes rêves de gastronome est sur le point de se réaliser !

Côté déco, le Châteaubriant a un look de bistrot légérement rock’n’rollisé ! Pas de nappe, pas de chichi, de la lumière (on peut voir ce qu’il y a dans l’assiette, chouette !), un tableau noir, deux serviettes, des couverts, deux verres sur chaque table et des grands serveurs en chemise blanche, jeans et long tablier noir…

 

On y va pour ? Vivre le menu imposé et expérientielle de l’enfant terrible de la gastronomie française, Inaki Aizpitarte. Le menu unique est un format A4 que le serveur te donne au début (ou à la fin) du repas, il est spontané, imprévisible et se modifie chaque jour en fonction des produits fournis et des envies du chef ! Le dîner commence par 4 amuses bouches à partager : des crevettes frites saupoudrées de tamarin, un gaspacho de tomate et des graines de café, un jus de ceviche à boire comme un shot et des pétoncles avec un pesto d’algues… Ensuite ? Un rouget qui fait du gringe à une mousse de foie de volaille & rouget assaisonnée au poil, des framboises roulées dans du tandoori, le tout caché sous des feuilles de chou rouge croquantes ; Une lotte et des haricots coco agrémentée d’un jus démentiel fumé grâce au hareng, noir grâce à l’encre de seiche… un délice pour les yeux et les papilles. Arrive la pintade à la cuisson légèrement rosée, une merveille ! Elle est saupoudrée de maïs, d’haricots beurre et de féta tout simplement. Viennent ensuite les desserts ensembles (ou quasi) : une glace au sureau et son lait ribot et la fameuse tocino de cielo réinventée (on en dit pas plus pour garder la surprise)… Une cuisine sans faute, inventive, ingénieuse, maligne… quasi jusqu’au-boutiste dans la justesse du traitement du produit-roi ! On y reviendra !

Rouget et chou rouge par Inaki Aizpitarte

Rouget et chou rouge par Inaki Aizpitarte

 

La lotte / haricots coco de La Pintade rosée de Inaki Aizpitarte

La lotte / haricots coco de La Pintade rosée de Inaki Aizpitarte


Le couteau Perceval 9.47 du Châteaubriant

Le couteau Perceval 9.47 du Châteaubriant

La Pintade rosée de Inaki Aizpitarte

La Pintade rosée de Inaki Aizpitarte

 

Le bonus : Le menu accord mets & vins avec des pépites de vins naturels et un impertinent saké pétillant !

Les serveurs, plus sympas les uns que les autres : souriants, ne rechignant pas à passer de leur précieux temps à t’expliquer tel ou tel plat, tel ou tel vin… ( et qu’est-ce qu’ils sont élégants dans leur « uniforme » cool !)

L’ambiance fin de service, certes on a attendu 23h30 pour dîner, mais le jeu en vaut la chandelle : le resto qui se vide, Inaki (grand, fort, sec…) qui sort de sa cuisine avec d’autres de ses acolytes, le chef de salle qui s’assoit à côté pour t’expliquer comment est préparée la Tocino de cielo ou pour te dire qu’il y a un cota de table pour les touristes et un autre pour les Parisiens (une bonne raison d’être parisien !)…

 

Le point noir : Nul.

 

Le prix : Clément pour la qualité du menu déroulé : 65€ sans les vins, 130€ avec.

 

Où : Le Châteaubriant, 129, av. Parmentier, Paris 11e

Mis en scène par Stéphanie Le Quellec

8 Sep

L’ambiance : La Scène est le restaurant gastronomique du pimpant Prince de Galles ( deux ans de travaux de titan). Pour y entrer, on passe par le hall du Palace, on tourne à droite et on pousse une lourde porte en verre. Le décor contemporain de Bruno Borrione  détonne avec les fastes du grand hôtel !  Moquette épaisse, tables nues en marbre sensuel, banquettes moelleuses, couleurs claires, disposition des tables, luminosité, on se croirait dans une salle de music-hall version rétro-futuriste. Les spots convergent vers la SCÈNE : la cuisine ouverte tout de marbre  vêtue de Stéphanie Le Quellec ! Place au spectacle !

On y va pour ? Goûter la cuisine d’une Top Chef (édition 2011) ! Dans la continuité du décor de son restaurant, Stéphanie Le Quellec a pensé son menu comme une représentation théâtrale en quatre actes! ACTE I , une queue de langoustine agile dont la (juste) cuisson est parfaitement maîtrisée. Une julienne de concombres chauds acidulent l’assiette. C’est léger, croquant et alléchant ! ACTE II, le poisson, un rouget « cuit de peur » qui n’a pas froid aux yeux, la chair est ferme, rosée et rivalise avec le gnocchi moelleux. Le tout fonctionne en s’équilibrant. ACTE III : cochon, mais noir de Bigorre s’il vous plaît ! Autre registre, plus gourmand et généreux que les deux précédents mais Dieu que c’est bon ! Les petits  oignons travaillés sous différentes textures balancent parfaitement le gouteux de la viande, ça ne se laisse pas manger, ça se dévore ! La tension monte à son paroxysme et le Dénouement arrive (ACTE IV) travaillé par Yann Couvreur (nouveau prodige de la pâtisserie…) : un cinq feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar, un dessert d’une simplicité déconcertante et d’une efficacité… une vraie bombe atomique en bouche !

Langoustine saisie et concombres chaud

Langoustine saisie et concombres chaud

Magnifique Rouget de roche "cuit de peur" et gnocchi

Magnifique Rouget de roche « cuit de peur » et gnocchi

Cochon noir de bigorre et petits oignons

Cochon noir de bigorre et petits oignons

Dessert "Vanille", feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar

Dessert « Vanille », feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar

Le bonus ? Voir la chef impassible, concentrée, ordonnée derrière son comptoir diriger sa brigade d’une main de fer sans un mot plus haut que l’autre  !

Le point noir ? Le service bilingue pas toujours assuré mais ils seront pardonnés pour leur gentillesse !

Prix : Menu en 4 Actes : 155€

Où : La Scène, Hôtel Prince de Galles, 33 avenue George V, Paris 8e.

B.A.B. : le b.a.-ba du Burger !

1 Déc

L’ambiance : Cette fois-ci, on est dans le 11e, juste derrière l’hôpital Saint Louis, à deux pas du rutilant Floréal. Après le bar à vin, le bar à huîtres (bientôt à côté du Septime), le bar à tapas (qui vient d’ouvrir dans le 9e), voici un bar à Burgers ! Côté déco, on joue dans le scandinave : large parquet clair, grandes tablées, petit côté salon, chaises dépareillées, mur de pierres brutes, tables en formica et cuisine apparente (mais qui reste discrète puisqu’elle est derrière un large vitre qui retient les odeurs et le bruit !). Le résultat donne un endroit agréable où l’on a envie de rester chiller toute l’après-midi en buvant des cafés !

On y va pour ? Goûter un burger Haute Couture ! La carte est alléchante : burger qui fume, wasabi burger, mysterious burger (pour ceux qui n’arriveront pas à se décider), black tentacules… Je décide de rester dans le classique et de prendre un Cheese not so classic. Le mélange des saveurs et les ingrédients choisis sont plutôt originaux : pain bun by Gontran Cherrier, viande assaisonnée par la maison un chouille trop cuite à mon goût, tomate fondante au cœur de la viande, tomme de Savoie coulante… C’est bon, mais pas assez généreux ! On en prendrait bien deux avec plus de sauce, plus de fromage… ! D’accord, on se la joue burger chic, mais si on voulait vraiment être classe, on choisirait la Caesar Salade, pas le burger… alors bon dieu, faites un burger qui tienne au corps, pas un truc chichiteux sous cloche !

 

Cheese not so classic du BAB

Cheese not so classic du BAB

Cheesecake du BAB

Cheesecake du BAB

Avec qui ? Un couple d’amis amoureux !

Le bonus : le dessert homemade délicieux, notamment le cheesecake à tomber !

Le point noir : Les burgers du BAB sont bons et les recettes soignées et originales, mais ils gagneraient à faire des sandwichs un peu plus généreux ! On veut quand même de la junk food nous !

Le prix : 15 à 17€ le burger avec ses frites.

Où ? 18, avenue Claude-Vellefaux, Paris 10e.

Le dépanneur te dépanne d’un burger ?!

24 Nov

L’ambiance : Depuis quelques années déjà le South Pigalle rallume ses lumières et attire les hipsters de tout Paris : Bus Palladium, rue des martyrs, Mansard et tutti quanti ! Et c’est justement en face de ce dernier qu’Olivier et Julie Demarle ont décidé de faire renaître de ses cendres un bar iconique des années 90, le Dépanneur et à en croire l’enthousiasme de ma boss à l’évocation de ce nom, ça avait l’air fortement rigolo le Dépanneur  façon 90’s ! La version XXIème siècle n’est pas en reste : du bois brut, des cactus, des banquettes façon dinner et de la lumière tamisée… on se croirait presque dans un bar branché à Los Angeles ! Le tout est signé David Rager et Cheri Messerli qui ont déjà réalisé la Candeleria (pour vous donner une idée !). Un resto / bar à cocktails à aspirer les jolies filles et les garçons barbus façon trappeur canadien… Bref, un endroit comme on les aime !

On y va pour ? Goûter la carte des burgers signée Cantine California, célèbre food truck parisien ! Cinq burgers au choix, je prends le Half moon bay BBQ burger et je reste sans voix… Un délice ! Un pain bun parfaitement moelleux et légèrement sucré, une viande parfaitement cuite et des accompagnements au poil : bleu d’Auvergne découlinant, pickles aigre-doux de folie, sauce BBQ incroyable et un combo parfait tomate, laitue pour la touche de fraîcheur… Une tuerie ! Aujourd’hui, on trouve des burgers sur quasi toutes les cartes de Paris, en trouver un bon, un généreux, un qui ne rigole pas est suffisamment rare pour qu’on le dise tout haut : les burgers du Dépanneur entrent dans la catégorie des meilleurs de Paris !

Et nous n’avons pas encore parlé des frites : légèrement sucrées, parfaitement dorées, pas trop grasses… Well done chef !

Half moon bay BBQ burger du Dépanneur Pigalle

Half moon bay BBQ burger du Dépanneur Pigalle

Avec qui ? Ta troupe de meilleures copines !

Le bonus : Les cocktails ! Une carte plus large que celle côté cuisine ! Si on s’y perd un peu au départ, on demande au serveur (qui d’emblée use du « tu » pour le côté ‘ricain semble-t-il !) de très bons conseils !

Le point noir : Peut-être le prix, 17€ pour un burger ça commence à faire cher… mais pour un BON burger, on sera indulgent !

Le prix : 17€ le burger / 12€ le cocktail

Où ? 27, rue Pierre Fontaine, Paris 9e.

Chez Jeannes B

20 Août

L’ambiance : Il faut le mériter, aller dîner chez Jeannes B ! Perchée en haut de la rue Lepic, Jeanne a ouvert le B (le A est rue Jean-Pierre Timbaud, dans le 11e), une table d’hôte, rôtisserie, épicerie et traiteur à emporter tout ce qu’il y a de plus bobo ! On doit ce lieu hétéroclite  à l’ingénieux Frédéric Hubig déjà propriétaire du A, de Moderne dans le 2e et d’Astier dans le 11e (des institutions dans leur quartier respectif). Côté déco, des couleurs flashy, des boiseries oniriques, des tables et des chaises à mi-chemin entre le mobilier bistrot et le mobilier scandinave, des bouleaux et une tête de cerf créant ensemble un joyeux bordel plutôt sympathique !

On y va pour ? Dès l’entrée, le ton est donné : derrière le présentoir, plein de bonnes choses s’offrent à nos yeux ! Une bonne mise en bouche, mais entrons dans le vif du sujet, on m’avait dit que le croq’ homard était la spécialité de la maison, je commande. Et je ne suis pas déçue : pain moelleux parfaitement doré, homard à la cuisson respecté, assaisonnement maîtrisé notamment pour la salade à l’aneth et à la ciboulette. Mais diable, il n’y en a pas assez, on aurait pu manger le double de ce qu’il y avait dans l’assiette… Heureusement, le tout est rattrapé par une crème aux œufs en dessert comme en fait ma grand-mère, une texture au poil et un goût vanillé totalement régressif, en un mot : sublimissime.

Croq' homard de chez Jeanne B

Croq’ homard de chez Jeanne B

Crème aux oeufs de chez Jeanne B

Crème aux oeufs de chez Jeanne B

Avec qui ? Une copine que tu n’as pas vu depuis longtemps.

Le bonus : La carte des vins très bien faite et le fait qu’on peut prendre à emporter pour le lendemain midi (ou soir), pratique, non ?

Le point noir : Cher (très cher) pour ce que c’est…

Où : 61, rue Lepic, Paris 18e.

Le prix : 23€ entrée ou dessert + plat, 27€ entrée+ plat + dessert. (comptez +5€ pour le croq’ homard).

L’Ambroisie est-il perdu sous les fastes de la Haute Gastronomie française ?

5 Jan

L’ambiance : La place des Vosges, les fastes d’une demeure historique, trois salons décorés à la sauce grand bourgeois : miroirs, tentures, lustres à pampilles… on se retrouve dans un décor néo- XVIIIe de salle à manger particulière. On marche sur la pointe des pieds pour arriver à sa table, on chuchote avec son voisin de table… On tente de rester discret à tout prix de peur de déranger ce joyau de la Haute Gastronomie française. Il faut avouer qu’on ne se sent pas bien à sa place dans ce décor poussiéreux et vieille France, mais qu’importe, l’Ambroisie est un de ces restaurants qui fait rêver les gastronomes, un mythe réservé à seulement 35 convives par soir et qui donc se mérite, alors on est prêt à faire un effort !

On y va pour ? Goûter la cuisine du discret Bernard Pacaud. Installé à l’Ambroisie depuis 1986, il travaille aujourd’hui avec son fils, Mathieu Pacaud. Le père a été formé à l’exigence et aux choses bien faites chez la Mère Brazier à côté de Lyon. Mais alors, que se passe-t-il dans l’assiette ? L’entrée d’abord, des noix de Saint-Jacques aux topinambours, le tout relevé par un râpée de truffe blanche. C’est parfaitement réalisé, la truffe fonctionne à merveille avec les topinambours et les Saint-Jacques, les textures et les saveurs s’accordent. Rien à redire. C’est après que ça se corse. Le plat, le maître d’hôtel nous l’a tous conseillé, un des plats signatures de Bernard Pacaud : un canard en croûte farci au foie gras accompagné d’une salade au vinaigre de Xérès râpée de truffe blanche. Catastrophe… où est la légèreté, la modernité, l’élégance, l’inventivité dans ce canard ? La texture du foie gras est écœurante, l’assaisonnement trop forcé, et puis pourquoi cette salade frisée qui vient contredire le vin ? C’est lourd, sans aucune subtilité… Reste, le dessert, un mille-feuille léger à la nougatine, poires « du curé » confites à la réglisse, léger et parfaitement accompli, il sauve la mise in extremis.

Corolle de noix de Saint-Jacques aux topinambours, râpée de truffe blanche

Corolle de noix de Saint-Jacques aux topinambours, râpée de truffe blanche

Canard en croûte farci au foie gras

Canard en croûte farci au foie gras

Mille-feuille léger à la nougatine, poires “du curé” confites à la réglisse

Mille-feuille léger à la nougatine, poires “du curé” confites à la réglisse

On y va avec ? Toute sa famille pour célébrer un grand événement.

Le bonus ? On pourra dire qu’on y était… en précisant qu’on n’y a pas très bien manger.

Le point noir ? Le plat-catastrophe ! L’a-t-on mal choisi ? Ou bien est-ce la Haute Gastronomie française qui est réellement perdue dans les méandres du classicisme et du conformisme ?
L’Ambroisie comme je l’ai vécu ce soir-là, ne correspond pas à l’expérience unique que j’attends d’un restaurant 3 étoiles Mcichelin : surprise, inventivité, voyage, goûts et textures inattendus… Chez Pacaud, certes tout est très bien réalisé, mais diable ! que ça manque de piment, d’étincelle…

Le prix : Extrêmement cher et ce n’est pas forcément justifié.

Où ? 9, place des Vosges, Paris 4e.

L’Astrance, ou l’ultime expérience de la gastronomie

16 Déc

L’ambiance : Aller dans un restaurent 3 étoiles Michelin, ça se prépare… Déjà, l’annonce, le choc, la joie. Ensuite, l’attente jusqu’au fameux jour… ! Rue Beethoven dans le XVIème, la façade est tout en verre, la salle est sobre, moderne, sans chichi… Dans les tons gris, avec quelques touches de couleurs, il y règne un calme quasi monacal, une sérénité agréable. A l’Astrance, la volonté de laisser toute sa place à l’assiette est totalement assumée. Assis, on attend, comme au théâtre, le début du spectacle !

On y va pour ? Goûter l’ingénieuse cuisine de Pascal Barbot. Ici, pas le choix, c’est un menu unique, on vous demande simplement ce que vous ne pouvez pas manger et alors, la représentation sans fausse note commence. Chaque plat est une explosion de couleurs et de saveurs, une vision claire et unique de la gastronomie. Entrées, poissons et viandes se succèdent dans nos assiettes, Barbot acidule le foie gras, pimente les calamars, marie veau, parmesan et truffe d’Alba avant d’associer l’agneau à son curry noir. A chaque bouchée, une surprise, une saveur qui s’accorde parfaitement à l’autre, une alliance de textures intrigante. L’Astrance ne se s’explique pas, elle se vit avec ses 5 sens.

Foie gras mariné au verjus, millefeuille de champignon de Paris, pâte de citron confit

Foie gras mariné au verjus, millefeuille de champignon de Paris, pâte de citron confit

Saint Jacque vapeur, huître, feuille de chou et beurre de kombu, citron

Saint Jacque vapeur, huître, feuille de chou et beurre de kombu, citron

Calamar grillé, papaye et mangue verte, écume ananas/piment

Calamar grillé, papaye et mangue verte, écume ananas/piment

Turbot vapeur, pétales de châtaigne anisées, coing à la vanille

Turbot vapeur, pétales de châtaigne anisées, coing à la vanille

Côte de veau doré, topinambours, fondue de parmesan et truffe d'Alba

Côte de veau doré, topinambours, fondue de parmesan et truffe d’Alba

Tartelette au café, noix au cognac

Tartelette au café, noix au cognac

On y va avec ? Un fin gastronome !

Le bonus : Le sommelier extraordinaire de cette table. Là aussi, pas le choix… le vin vient avec le plat. Et à chaque fois, l’accord est juste, plat et vin se répondent à la perfection, l’un découvre l’autre pendant que le premier sublime le deuxième. Ce qui est vraiment notable, c’est de sortir véritablement des sentiers battus. Pas un Bordeaux, ni un Bourgogne, mais un Collioure pour accompagner l’agneau, un vin jaune du Jura surprenant pour le veau ou un vin grec (vin Santo) pour le dessert… Un voyage pour les amateurs de vins !

Le point noir : si vous en trouvez un, vous m’appelez ? Même le service, qui souvent dans un 3 étoiles peut être ampoulé, est ici aussi discret et aimable qu’efficace.

Le prix : Menu du soir : 120-190-310 €

Menu du midi : 70€

Où ? 4, rue Beethoven, Paris 16e.

Les Toqués : l’entrecôte de malade !

29 Avr

L’ambiance : Au dessus de la Butte, dans une rue jusqu’alors inconnue, on découvre ce tout petit restaurant à la devanture accueillante. Passé la porte, le bois et le blanc règne en maître, quelques meubles et luminaires chinés ça et là… on se sent direct chez soi dans ce décor épuré, style nordique, tellement qu’on dirait que ce nouveau bistrot vient direct de chez Ikea ! La gouaille énergique de Kevin en salle donne pourtant bien vie à cet espace conçu par deux copains des bancs de la fac !

On y va pour ? Goûter la cuisine sans chichi de ce resto de potes ! En entrée, une verrine de ricotta et aubergine fraîche et goûteuse, on en mangerait sans fin… La suite, une pièce de bœuf comme on en mange rarement accompagnée d’un gratin dauphinois qui tient ses promesses… un sans-faute simple et sans prise de tête, une bonne cuisine de quartier réalisée avec des produits frais comme on devrait en trouver plus souvent.

Verrine Ricotta-Aubergines

Verrine Ricotta-Aubergines

L'entrecôte de malade des Toqués

L'entrecôte de malade des Toqués

Avec qui ? Une bande de copines et on s’installe à la table derrière la devanture !

Le bonus ? Du Diplomatico (ce fameux rhum vénézuélien) en digestif… un bonheur !

Le point noir ?  On n’avait plus faim pour goûter les desserts…

Le prix : Entre 30 et 40€ à la carte le soir, menu le midi.

Où ? 10, rue Letort, Paris 18