Tag Archives: restaurant gastronomique paris

Mis en scène par Stéphanie Le Quellec

8 Sep

L’ambiance : La Scène est le restaurant gastronomique du pimpant Prince de Galles ( deux ans de travaux de titan). Pour y entrer, on passe par le hall du Palace, on tourne à droite et on pousse une lourde porte en verre. Le décor contemporain de Bruno Borrione  détonne avec les fastes du grand hôtel !  Moquette épaisse, tables nues en marbre sensuel, banquettes moelleuses, couleurs claires, disposition des tables, luminosité, on se croirait dans une salle de music-hall version rétro-futuriste. Les spots convergent vers la SCÈNE : la cuisine ouverte tout de marbre  vêtue de Stéphanie Le Quellec ! Place au spectacle !

On y va pour ? Goûter la cuisine d’une Top Chef (édition 2011) ! Dans la continuité du décor de son restaurant, Stéphanie Le Quellec a pensé son menu comme une représentation théâtrale en quatre actes! ACTE I , une queue de langoustine agile dont la (juste) cuisson est parfaitement maîtrisée. Une julienne de concombres chauds acidulent l’assiette. C’est léger, croquant et alléchant ! ACTE II, le poisson, un rouget « cuit de peur » qui n’a pas froid aux yeux, la chair est ferme, rosée et rivalise avec le gnocchi moelleux. Le tout fonctionne en s’équilibrant. ACTE III : cochon, mais noir de Bigorre s’il vous plaît ! Autre registre, plus gourmand et généreux que les deux précédents mais Dieu que c’est bon ! Les petits  oignons travaillés sous différentes textures balancent parfaitement le gouteux de la viande, ça ne se laisse pas manger, ça se dévore ! La tension monte à son paroxysme et le Dénouement arrive (ACTE IV) travaillé par Yann Couvreur (nouveau prodige de la pâtisserie…) : un cinq feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar, un dessert d’une simplicité déconcertante et d’une efficacité… une vraie bombe atomique en bouche !

Langoustine saisie et concombres chaud

Langoustine saisie et concombres chaud

Magnifique Rouget de roche "cuit de peur" et gnocchi

Magnifique Rouget de roche « cuit de peur » et gnocchi

Cochon noir de bigorre et petits oignons

Cochon noir de bigorre et petits oignons

Dessert "Vanille", feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar

Dessert « Vanille », feuilles de kouign Aman et crème légère à la vanille de Madagascar

Le bonus ? Voir la chef impassible, concentrée, ordonnée derrière son comptoir diriger sa brigade d’une main de fer sans un mot plus haut que l’autre  !

Le point noir ? Le service bilingue pas toujours assuré mais ils seront pardonnés pour leur gentillesse !

Prix : Menu en 4 Actes : 155€

Où : La Scène, Hôtel Prince de Galles, 33 avenue George V, Paris 8e.

L’Astrance, ou l’ultime expérience de la gastronomie

16 Déc

L’ambiance : Aller dans un restaurent 3 étoiles Michelin, ça se prépare… Déjà, l’annonce, le choc, la joie. Ensuite, l’attente jusqu’au fameux jour… ! Rue Beethoven dans le XVIème, la façade est tout en verre, la salle est sobre, moderne, sans chichi… Dans les tons gris, avec quelques touches de couleurs, il y règne un calme quasi monacal, une sérénité agréable. A l’Astrance, la volonté de laisser toute sa place à l’assiette est totalement assumée. Assis, on attend, comme au théâtre, le début du spectacle !

On y va pour ? Goûter l’ingénieuse cuisine de Pascal Barbot. Ici, pas le choix, c’est un menu unique, on vous demande simplement ce que vous ne pouvez pas manger et alors, la représentation sans fausse note commence. Chaque plat est une explosion de couleurs et de saveurs, une vision claire et unique de la gastronomie. Entrées, poissons et viandes se succèdent dans nos assiettes, Barbot acidule le foie gras, pimente les calamars, marie veau, parmesan et truffe d’Alba avant d’associer l’agneau à son curry noir. A chaque bouchée, une surprise, une saveur qui s’accorde parfaitement à l’autre, une alliance de textures intrigante. L’Astrance ne se s’explique pas, elle se vit avec ses 5 sens.

Foie gras mariné au verjus, millefeuille de champignon de Paris, pâte de citron confit

Foie gras mariné au verjus, millefeuille de champignon de Paris, pâte de citron confit

Saint Jacque vapeur, huître, feuille de chou et beurre de kombu, citron

Saint Jacque vapeur, huître, feuille de chou et beurre de kombu, citron

Calamar grillé, papaye et mangue verte, écume ananas/piment

Calamar grillé, papaye et mangue verte, écume ananas/piment

Turbot vapeur, pétales de châtaigne anisées, coing à la vanille

Turbot vapeur, pétales de châtaigne anisées, coing à la vanille

Côte de veau doré, topinambours, fondue de parmesan et truffe d'Alba

Côte de veau doré, topinambours, fondue de parmesan et truffe d’Alba

Tartelette au café, noix au cognac

Tartelette au café, noix au cognac

On y va avec ? Un fin gastronome !

Le bonus : Le sommelier extraordinaire de cette table. Là aussi, pas le choix… le vin vient avec le plat. Et à chaque fois, l’accord est juste, plat et vin se répondent à la perfection, l’un découvre l’autre pendant que le premier sublime le deuxième. Ce qui est vraiment notable, c’est de sortir véritablement des sentiers battus. Pas un Bordeaux, ni un Bourgogne, mais un Collioure pour accompagner l’agneau, un vin jaune du Jura surprenant pour le veau ou un vin grec (vin Santo) pour le dessert… Un voyage pour les amateurs de vins !

Le point noir : si vous en trouvez un, vous m’appelez ? Même le service, qui souvent dans un 3 étoiles peut être ampoulé, est ici aussi discret et aimable qu’efficace.

Le prix : Menu du soir : 120-190-310 €

Menu du midi : 70€

Où ? 4, rue Beethoven, Paris 16e.

Dans La Cuisine du Royal Monceau

24 Nov

L’ambiance : Magique ! Le décor du premier restaurant du Royal Monceau est très réussi ! Il faut dire, qu’aux manettes, il y a le grand manitou du design actuel, Starck ! Dans la grande salle, l’art fait des siennes jusqu’au plafond où l’on peut admirer une fresque de Stéphane Calais. Au fond, la cuisine est ouverte sur la salle et l’on peut contempler un mur bluffant de bouteilles rangées selon les couleurs des vins. On retient également les lustres imposants qui sont présents dans l’hôtel jusqu’à l’escalier pour monter aux commodités ! Les tables sont organisées de manière à préserver l’intimité de chaque groupe et celles positionnées sur le côté sont auréolées d’un dôme monumental tout doré à l’intérieur… Bref, le décor est bourré de petits détails très réussis qui prendraient trop de temps à énumérer ! Passons à la Cuisine !

On y va pour ? Manger des bonnes choses ! Le chef Laurent André récite parfaitement sa vision de la gastronomie simple, enlevée et sans complexe ! Dans cette Cuisine, le produit est roi ! En entrée, on se régale avec une salade de homard et ses légumes croquants. Le homard est simplement disposé dans l’assiette coupé en « rondelles » à côté, les légumes de saisons apportent du croustillant et de la fraîcheur ! Viens ensuite la volaille jaune des Landes : elle arrive entière et les serveurs aux petits soin font le partage à table. La cuisson est parfaite, le goût est sublime. La viande se suffit à elle-même et Laurent André le sait bien puisque le seul accompagnement est un jus aromatisé aux cèpes et une poêlée de ce délicieux champignon… Un régal simplissime, une réussite qui révèle parfaitement les accents beurrés d’un Pouilly Fuissé ! En dessert, ce sont les célèbres pâtisseries de Pierre Hermé qui sont à l’honneur… peut-être le seul bémol de ce dîner… le Infiniment Vanille est délicieux mais cela manque de surprise, d’audace, on attendrait plus de la table d’un palace.

salade-homard-la-cuisine-royal-monceau

La salade de homard et ses légumes croquants

la-cuisine-royal-monceau-volaille

La volaille jaune des Landes et sa poêlée de cèpes

infiniment-vanille-pierre-herme-royal-monceau

L'infiniment vanille de Pierre Hermé

Avec qui ? Un ami décorateur d’intérieur et gastronome !

Le bonus : Le décor et l’organisation de la salle qui fait qu’on entend quasiment pas les autres tables… un luxe dans un restaurant parisien !

Le point noir : Le service qui se relâche à la fin…

Le prix : Un peu plus de 100€ par personne.

Où ?
37, avenue Hoche
Paris 8e